LA CAPILLA GITANA À LA PRISON MODELO DE BARCELONE


Le militantisme politique d'Helios Gómez et la publication de dessins marqués par son engagement dans la protestation sociale ont très souvent conduit l'artiste en prison. En 1950, au cours d'une de ces nombreuses périodes d'incarcération -entre 1948 et 1954-, à la demande pressante du directeur spirituel de la prison Modelo de Barcelone, le prêtre de l'ordre de la Merci, Bienvenido Lahoz,


Détail du panneau central de la cellule

Helios Gómez accepta de peindre des fresques consacrées à la Virgen de la Merced, Vierge de la Merci, patronne de la ville de Barcelone et des prisonniers. Cet oratoire est situé dans la cellule nº 1, au premier étage de la quatrième galerie. Du fait des ressemblances des traits des personnages composant la fresque avec le type gitan, dans une interprétation très personnelle de l'artiste, il a été connu dès sa création sous le nom de Capilla Gitana. Cette oeuvre d'art, fruit de l'inspiration d'un créateur internationnalement reconnu, constitue un témoignage historique et relève du patrimoine culturel de la ville. Les fresques, conservées depuis leur création, ont été photographiées pour la dernière fois en l'état par le fils de l'artiste en 1985, copies remises aux services pénitenciers à l'appui. En 1998, elles ont été recouvertes d'une couche de peinture par le personnel de la prison, obéissant à des "mesures d'hygiène", selon le directeur des relations extérieures du ministère, dommage causé sous la direction de la Ministre de la Justice de Catalogne de l'époque, Nuria de Gispert et contrevenant directement à la Loi de la Propriété Intellectuelle.

Dans le contexte des manoeuvres spéculatives dont ont fait l'objet les terrains de la prison Modelo de la part de la Generalitat, la demande de réhabilitation de l'oeuvre d'Helios Gómez, effectuée par l'Association Culturelle Helios Gómez successivement auprès de la Ministre de la Justice, Nuria de Gispert, Consellera de Justicia (18/11/98), du Ministre de la Culture, Juan Mª Pujals, Conseller de Cultura (30/11/98), du Défenseur du Peuple, Don Antón Cañellas (3/12/98) et du Directeur Général du Patrimoine Culturel d'alors, Don José Mª Huguet (21/4/99), ne reçut jamais de réponse. Les nombreux articles parus dans la presse en défense de l'oeuvre n'ont pas davantage suscité l'intérêt de l'Administration : José Mª Huertas : La desapareguda capella dels gitanos, El Periódico 26/2/98; Emil Herman : Helios Gómez artista universal, La Vanguardia 5/5/98; Xavier Barral i Altet (ex directeur du Musée National d'Art de Catalogne) : Atemtat contra l`art a la Model, AVUI 9/6/98; Pedro Burruezo : Que no se pierda la Capilla Gitana, ABC CATALUÑA 30/1/99; La Capella Gitana de l`Helios Gómez, EL TRIANGLE 10/3/99; Gabriel Gómez : La Capilla Gitana, el arte silenciado, Boletín de la Plataforma La Model per la Cultura, Mayo de 2000; Luis Permanyer : Arte entre rejas no es Modelo LA VANGUARDIA 2/6/2001. En revanche, la revendication de l'Association a reçu le soutien d'un grand nombre de personnalités et entités, parmi lesquelles : Antoni Tàpies (peintre), Lluis Carod Rovira (Président de Esquerra Republicana de Cataluña), Teresa Pàmies (écrivain), Daniel Giralt-Miracle (critique d'art), Carles Fontseré (artiste), Abel Paz (historien), Forges (dessinateur), Juan Manuel Serrat (chanteur), l' Association SOS Monuments, la Federación de Asociaciones de Vecinos de Barcelona (Fédération d'Associations de Citoyens de Barcelone), la Agrupación Profesional de Ilustradores de Cataluña (Groupement Professionnel d'Illustrateurs de Catalogne), la Agrupación Profesional de Ilustradores de Madrid (Groupement Professionnel d'Illustrateurs de Madris), etc. L'histoire de la prison Modelo est étroitement liée aux sentiments de trois générations victimes de la répression : Les opposants au régime dictatorial de 1939 y perdirent leur vie mais la vie de leur famille et de leurs proches, de leurs enfants et petits-enfants, fut brisée à son tour -sans compter que nombre d'actuels politiques et gouvernants catalans ont eux-mêmes séjourné dans ce lieu de détention-, ce qui confère à ce bâtiment singulier une dimension transcendantale. L'existence des fresques de la Capilla Gitana légitime amplement la revendication, de la part de l'Association, de restauration de l'oeuvre et de transformation de l'espace en lieu de mémoire historique où exposer le fonds graphique et documentaire consacré à Helios Gómez et où réaliser des expositions temporaires d'artistes détenus et d'art politique.


Détail de la fresque au-dessus de l'entrée de la cellule.


DVD 20 mn. pour la creation d'en Musée d' Art Politique dans la prison Modéle de Barcelone

Proyecto Prisión Modelo en Youtube


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